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TOUT EST CONNECTE

February 4, 2017 par WeAreAthletic - No Comments

TOUT EST CONNECTÉ 

L’une de mes citations préférées vient de Mae Wan Ho, un écrivain, qui explique grossièrement «  si nous voulons parfaitement comprendre la nature, les traditionnelles frontières entre les disciplines scientifiques doivent disparaitre. » Super. Mais qu’est ce que cela veut dire ? À mes yeux, cela signifie qu’il n’y a pas de frontières entre les sciences techniques, la philosophie et le reste. C’est juste de la sémantique. Et en appliquant les leçons retenues dans chaque domaine, nous pouvons créer une perspective unique. Au fil des années, j’ai passé de moins en moins de temps à lire de la littérature et me suis plus consacré à la biochimie, philosophie, physique les neuro-sciences et même l’économie.

L’idée derrière cet article est venue d’un séminaire sur l’écologie et d’un livre intitulé « The Closing Circle », par Bary Commoner, le fondateur du mouvement environnemental moderne où il établit quatre lois de l’écologie, qui sont, selon lui :

  1. Tout est connecté
  2. Tout doit aller quelque part
  3. La nature a toujours la réponse
  4. Tout a un prix

Ces lois ne semblent pas au premier abord s’appliquer à l’entrainement sportif. Mais lorsqu’on les étudie, elles ont un profond impact et peuvent relayer beaucoup de disciplines, dont la performance sportive.

Loi Numéro 1 : Tout est connecté 

L’adaptation se produit lorsque le corps subit des changements. C’est un processus, et non un prix. C’est à dire que l’adaptation en elle est même n’est ni bonne ni mauvaise, c’est simplement un processus qui nous entraine d’un point A à un point B. Appliquer trop d’un même stimulus permet à terme l’adaptation du corps à ce stimulus, mais cela n’est pas toujours favorable et à la fin le résultat pourrait ne pas être très idéal. À l’école, nous apprenons la science du corps et de ses différents systèmes énergétiques. C‘est une vision réductrice d’un sujet complexe, mais cela est très utile pour les étudiants. Cela est aussi totalement faux, et au lieu de se renseigner et se mettre à jour, nous gardons ces informations toute notre vie. Après tout, notre esprit est friand de certitude, et cela est plus facile de savoir un petit quelque chose sur un sujet que de se remettre en question.

En réalité, tous les systèmes dans notre corps sont connectés.

Cela signifie que lorsque nous subissons des événements stressants, nous allons nous adapter pour les vaincre, ce qui est superbe. À cause de cela, l’entrainement qui cherche à développer une certaine qualité ou système peut créer un déficit dans un autre domaine.

Par exemple, beaucoup d’athlètes tombent malade pendant les Open de Crossfit chaque année à cause de la déficience de leur système immunitaire, venant d’une fatigue de leurs glandes endocrines. Cela n’est pas une attaque contre les Open, juste une preuve que le stress produit du stress, et que la constante inquiétude sur le classement général, combiné à des entrainements difficiles, détruit nos réserves énergétiques. De plus, cela montre que la performance n’est pas égale à la santé. Nous pouvons en fait améliorer la performance sportive en déséquilibrant les rythmes biologiques et les différents systèmes, créant des compensations.

Loi numéro 2- Tout doit aller quelque part 

L’entrainement ne se produit pas dans une bulle – nous ne pouvons pas isoler l’entrainement du reste de nos vies. Nous avons tous des vies différentes, des familles, amis et obligations qui dictent notre temps hors de l’entrainement et la récupération. Autrement dit, il existe un équilibre. Cela s’applique à l’entrainement, en insistant sur le fait que toute dépense à un prix et que même la plus infime des actions a un impact sur la manière dont notre corps s’organise pour faire face à n’importe quel stress qui lui est imposé. Nous ne pouvons pas juste s’entrainer, bien manger, prendre les bons suppléments et négliger des choses comme la qualité de nos tissus et penser que nous allons continuer à exceller dans notre entrainement. Si nous voulons vraiment performer au mieux, nous devons adopter une approche multi facette et aborder le sommeil, notre perception du stress, la qualité et la quantité de notre alimentation et enfin l’entrainement.

Loi numéro 3- La nature a toujours la réponse 

Ce qui nous définit en tant qu’humain est l’alternance entre les périodes de stress et les périodes de récupération. L’idée selon laquelle les premiers hommes alternaient entre la famine et les festins, la chasse et le repos, le stress et la récupération, s’applique également à l’entrainement, à la fois d’un point de vue physiologique et psychologique. Nous faisons des fautes lorsque nous ignorons les signes que notre corps nous transmet et quand il nous indique que nous devons nous reposer. Cela passe par des difficultés à dormir, manque d’appétit, fatigue, blessure etc…

Lorsque nous poussons malgré la présence de ces signaux pendant trop longtemps, nous faisons en fait plus de mal que de bien dans la quête d’un développement athlétique sur du long terme. En tant que coach, il est de notre devoir d’essayer de comprendre nos athlètes et trouver ce qui ne va pas. Cela peut être fait par des accidents conscientes et inconscientes. Les conscientes sont assez simples comme parler à l’athlète, observer son comportement. Les inconscientes sont plus subtiles et incluent des choses comme la posture, l’expression du visage, les réactions émotionnelles et comment  il se déplacent par rapport à d’habitude. C’était la chose la plus difficile pour moi en tant que coach  pendant des années, j’étais tellement occupé à analyser les performances sur le papier que j’en ai perdu la perspective. Nous ne cachons pas des styles biologiques, ou des organismes, nous cachons des humains, avec des perceptions et émotions, qui ont un impact large sur l’entrainement que beaucoup d’études ne peuvent comprendre et démontrer. À cause de cela, j’ai du mettre en veille mon esprit mathématique et ai du avoir de l’empathie pour mes athlètes pour comprendre ce que leurs corps leur disaient.

Loi numéro 4- Tout a un prix 

En tant que coachs et athlètes, nous nous focalisons toujours sur les aspects positifs de l’entrainement et très peu sur les négatifs. Nous savons comment gérer le stress. L’adaptation à ce stress créer de la spécificité, qui crée des compensations dans notre corps. En reprenant les bases de cet article, qui explique que toutes les disciplines sont connectées, ce point s’accommode à la troisième loi de Newton « toute action a une réaction opposée qui est de force égale ». Cela n’est pas nécessairement une mauvaise chose, mais cela revient à la première loi, qui explique que tout est toujours connecté.

Dans un scénario optimal, notre corps fait correspondre le stress qui lui est infligé par des actions. Si nous faisons face à un grand stress, la réponse est d’autant plus grande, et inversement.

Mais essayer de combattre un grand stress avec une minuscule réponse créera des défauts d’adaptation et faire correspondre une demande de stress très faible avec une large action est contre indicatif. Dans tous les cas, ces facteurs marquent un “déficit santé ” et donc une réponse inadaptée. De ce fait, il est vital de créer cette balance. Ainsi, nous pourrons créer plus de stress et plus de réponse pour améliorer la performance.

L’exercice délivre un gros choc mental, physique et émotionnel. Si notre capacité de récupération est limitée, pourquoi la gaspiller encore plus avec un sommeil de mauvaise qualité, des aliments qui contribuent à l’inflammation, ou un volume d’entrainement trop important ? Tout cela ne fait que nous éloigner de notre but.

Ce qu’il faut retenir 

Les théories abstraites sont intéressantes, mais si nous ne pouvons pas appliquer ses principes, tout est perdu. Nous pouvons nous servir des points précédents pour alimenter notre entrainement.

1- Respectez la synergie entre la force et les autres systèmes d’entrainement

Vous ne pouvez pas juste faire un cycle de Squat russe, les Wods de Crossfit.com, mélanger tout ça  avec du Jack Daniels et espérer que ça marche. Vous pouvez être chanceux, mais vous n’allez certainement pas engendrer du succès sur le long terme.

Chacun de ces programmes est construit avec une balance optimale de travail et de récupération et comme je l’ai mentionné, tout est toujours connecté. Le travail de force, le travail des filières énergétiques et le travail du mouvement ont un impact sur la manière dont notre cerveau régule l’adaptation et pour maximiser ce processus nous devons toujours faire en sorte que ces entrainement se complémentent et quels effets ils ont sur notre corps.

2. Ne négligez pas les fondamentaux

Je comprends, l’entrainement c’est fun, mais au final, ce sont les parties les moins sexy qui déterminent le succès d’un athlète sur le long terme. Est ce que le sommeil, le stress, la nourriture et la qualité de vos tissus sont en place ? Si oui, allez y, entrainez vous dur. Si ce n’est pas le cas, vous devez passer moins de temps à soulever des barres et plus de temps à prendre soin des basiques. S’entrainer dur est un privilège. Vous devez le mériter.

3. Équilibrez l’intensité et la récupération

Les jours d’entrainements durs doivent être vraiment durs. Les jours faciles doivent être vraiment faciles. Vous devriez être capable de faire la différence. La majorité des entrainements sont des petits ou moyens stress, qui créent l’adaptation au fil du temps. De temps à autres, vous devriez faire des entrainements très difficiles. Mais trop faire de ces derniers perturbe le système et vous allez finir par  vous prendre un mur.

4. Construire puis maintenir

Les blocs de périodisation classique se concentrent sur la construction d’une qualité athlétique donnée ( par exemple la base aérobie) pendant plusieurs semaines, puis le thème change ( par exemple la vitesse), en espérant que l’athlète soit meilleur qu’au départ. Je pense que cette méthode est une perte de temps, et surtout pour les Crossfiteurs, je pense que nous ne devrions jamais laisser une qualité physique de coté , je préfère plutôt toucher à tout tout le temps, mais la qualité spécifique à travailler chez l’athlète dépendra du moment de la saison et de la priorité de cette dernière.

5. Suivez une logique progressive

Disons que je coach un athlète, à qui je fais faire 6 sets de 10 Power Snatch, 10 Bar Facing Burpee, 200m run, avec une minute de récupération entre chaque série. Je sais qu’il peut faire 10 sets la semaine d’après. Mais ne serait il pas plus logique d’augmenter seulement de 2 sets, pour un total de 8 sets ? Ce qui compte, c’est que la magnitude du stress augmente de semaine de semaine et que nous la poussions au maximum des capacités physiques ou pas n’est pas très important. Au lieu d’aller à fond à chaque semaine, il est plus intéressant de travailler logiquement, petit à petit, par augmentation progressive.

6. Eprouvez de la compassion pour vous même

Vous n’avez pas à chercher longtemps pour trouver des inspirations vous incitant à vous entrainer toujours plus dur. Cela conduit à créer une culture encourageant à pousser la douleur mécanique, ignorant les signes de fatigue et les dysfonctionnements de nos rythmes biologiques. C’est clair, vous passerez pour le costaud de la salle, mais est ce que cela vaut le coup de sacrifier votre santé et performance sur le long terme ? C’est la même chose si vous décidez de vous punir parce que vous n’avez pas fait un PR ou que vous avez fait un écart à votre plan alimentaire. Rajouter du stress à un système déjà en proie au stress ne marche pas très bien. Au lieu de cela, montrez de la compassion à votre corps et apprenez à écouter ses signaux. Ignorer la faim, le manque de motivation, la fatigue et la douleur ne sont pas des actes qui vous rendent fort. C’est juste de la mauvaise interprétation.

Article issu de http://www.trainingthinktank.com/everything-connected-everything-else/

Traduction effectuée par Tristan Kirchner