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Vos sensations vous mentent !

December 14, 2016 par WeAreAthletic - No Comments
Vos sensations vous mentent 

Combien de fois cela vous arrive t’il d’imaginer que vous allez mal performer sur un wod alors que vous n’avez même pas commencé à vous échauffer ?
Je pense que cela arrive beaucoup plus souvent que vous ne le pensez.
Lorsque vous vous entraînez beaucoup, vous devenez souvent hyper sensible sur vos sensations, pendant, durant et après.
Le but de cet article est de vous alerter. Juger ses sensations peut altérer ses performances. De temps en temps pour le meilleur, mais très très souvent pour le pire. J’aimerais aussi vous convaincre que, même si cela serait cool de tout le temps se sentir bien, c’est très souvent irréaliste, et se sentir trop bien peut même freiner votre performance.
Vous devez comprendre que pour performer au très haut niveau, peu importe comment vous vous sentez. La seule chose qui compte, c’est la performance.
Peut être que vous pensez que vous sentir bien est un pré requis indispensable à la bonne performance. Vous avez surement en tête les fois ou vous effectuez un très bon warm up, et votre performance semble être magique et incroyable. Mais était ce parce que vous vous sentiez bien ? Rappelez vous aussi la fois ou vous commencez votre échauffement, où tout fait mal, vous vous sentez lent et hors de forme, et de ce fait vous ne performez pas. Mais était ce réellement parce que vous vous sentiez mal ?
La tentation est de croire que comment vous vous sentez impacte physiquement votre performance. Mais je ne pense pas que cela soit le cas. Vous ne performez pas bien parce que vous vous sentez bien. Vous performez bien parce que vous sentir bien accroît votre confiance, charge vos émotions positives, et vous rends heureux à l’idée de vous entraîner. En gros, vous performez bien parce que vous avez pris la décision qu’aujourd’hui serait une bonne journée.
La même chose se produit, à l’inverse, lorsque vous vous sentez courbaturés, fatigués. Ces perceptions entraînent un état de négativité, une baisse de motivation et la mise en place d’excuses. Et vous performez donc mal. Parce que vous avez pris cette décision. Je pense que cela est aussi simple que ça.
La vérité, c’est qu’un athlète est très souvent capable de faire une grosse performance sans forcément se sentir très bien. Je pense même que, lorsque nous produisons une grosse performance, nous oublions souvent que nous ne nous sentions pas forcément au top lorsque nous commencions la séance.  De la même manière, lorsque nous effectuons une piètre performance, nous cherchons un lien de causalité avec notre sensation du début de la séance,  ce qui entraîne l’effet ” je ne me sens pas bien, je ne vais pas bien performer”.
Je vais vous donner un exemple. Entre 2008 et 2012, l’équipe de natation américaine a établi un programme d’entrainement près de la ou j’habite. Je travaillais avec l’une des nageuses de cette équipe, une championne nationale qui s’entraînait pour rejoindre l’équipe des Jeux Olympiques de 2012.
Nous parlions d’une de ces mauvaises habitudes, qui se trouvait être très commune chez la plupart des nageurs : lors d’un metting ,à l’échauffement, si elle ne se sentait pas en très grande forme elle commençait a se remettre en question et laissait le doute entrer dans son esprit. Elle pensait, lors des précédents meetings qu’elle performait bien parce que elle se sentait bien à l’échauffement.
Après réflexion, elle s’est rendue compte que tout cela était faux. Sa performance ne dépendait pas de ses sensations à l’échauffement. Elle s’est même rappelé qu’avant de gagner le titre de championne nationale, elle était malade et s’était très peu entraînée.
Le fait de gagner ce titre de championne a accru la pression sur ses épaules. Elle a commencé à se remettre en question, et avait peur de ne pas performer comme elle le devrait.
Je voulais lui faire comprendre qu’elle était capable de performer, peu importe ses sensations à l’échauffement. J’ai discuté avec son coach, et lui ai demandé que lors de chaque entraînement, sur ses distances, il lui dise à chaque fois le temps qu’elle voulait entendre, même si elle était loin de ce temps. La nageuse et son coach ont accepté ce deal.
A la fin de l’été, elle a réussi a baisser ces temps sur toutes ces courses. Elle était maintenant confiante sur toutes les courses, peu importe comment elle se sentait.
Revenons à votre entrainement. Disons que vous n’avez pas bien dormi la veille, ou que vous êtes très courbaturés d’un entrainement que vous ne pensiez pas être si intense. Ou peut être que vous revenez de blessure. Bref, vous avez toutes les raisons du monde de passer une mauvaise journée. Que décidez vous de faire ? Suivez vous vos sensations .
Un de mes collègues, Dr Ken Ravizza, a une très bonne perspective sur ce scénario. Selon lui, si vous passez une journée de merde, vous pouvez quand même en tirer quelque chose . Si vous êtes malades, faible, courbaturés, ou que vous ne vous sentez pas à 100%, vous pouvez toujours donner 100% de ce que vous avez !
Commencez à donner le meilleur de ce que vous avez chaque jour. Cela évitera de créer cette habitude et ce lien de causalité entre performance et sensation. Lors d’un cycle d’entrainement, attendez vous à beaucoup de fluctuations et d’ajustements. Si vous ne vous basez que sur vos sensations, vous ne ferez pas la moitié des séances !
Essayez. Vous serez très surpris-  lorsque vous changez vos attentes, vous reprenez le contrôle de votre performance.
” Tout le monde a un plan, jusqu’à ce qu’on se prenne une droite dans la tête”. 

Mike Tyson, l’auteur de cette célèbre phrase, dit :

” Si votre plan marche au début, il ne marchera peut être pas à la fin du combat. Vous allez galérer, et tomber sur un mur au bout d’un moment. Regardons comment vous allez réagir. La plupart des gens ne réagissent pas très bien.”
En d’autres mots, beaucoup de personnes prennent l’habitude d’abandonner dès que les choses ne tournent pas comme elles le veulent. Je pense que c’est applicable aussi bien à l’entrainement que lors d’un combat.  Allez vous réussir à garder vos objectifs en tête même lorsque vous vous sentez mal ? Allez vous vous autoriser de changer vos ambitions lorsque vous vous sentirez fatigués ? Allez vous tenir votre plan même si vous n’en avez pas l’envie ?
C’est votre choix. Comme je l’ai dit plus haut, vous performez bien parce que vous avez pris la décision de bien performer. Et l’inverse est vrai.  Nous ne contrôlons pas forcément tout ce qui nous arrive. Mais nous pouvons contrôler notre réponse.
Je vous encourage à créer un état d’esprit qui vous permette de vous pousser, peu importe comment vous vous sentez.  Si vous arrivez a créer cet état d’esprit et ne vous concentrez que sur ce que vous pouvez contrôler chaque jour, alors vous serez capable d’être fort mentalement et de performer lorsque vous le devrez, et non pas lorsque vous le sentez.
N’oubliez pas qu’à la fin, on s’en fout de comment vous vous sentez. La seule chose qui compte, c’est comment vous choisissiez de performer.
Entraînez votre esprit.
Dr Lenny Wiersma
Dr Lenny Wiersma est un professeur de psychologie du sport à l’université de l’Etat de Californie, où il enseigne depuis 2001. Il a travaillé avec une grande variété d’athlètes, comme des surfeurs, des marathoniens, cyclistes, nageurs et combattants de l’UFC.
Traduction par Tristan Kirchner.